
TÉMOIGNAGE — JEAN-PAUL LACHANCE
Jean-Paul Lachance
En mission auprès des pauvres d’Haïti

Jean-Paul Lachance est l’avant-dernier d’une famille de 14 enfants. Né dans la Beauce, il a travaillé sur la ferme familiale jusqu’à l’âge de 19 ans. Ressentant un appel de donner toute sa vie au Christ, il devient membre consacré laïc de l’Institut Séculier Pie X.
Pendant près de 20 ans, il travaille dans différentes œuvres apostoliques de l’Institut. Durant ce temps, il vit une courte expérience missionnaire en Amérique latine. Mais cette expérience marquera son cœur au fer rouge.
De retour à Québec, tout en poursuivant son travail, il se met au service des Salvadoriens, des Vietnamiens et Cambodgiens et devient le “grand frère accompagnateur”.
À l’âge de 41 ans, il part vers Haïti, se sentant de plus en plus interpellé à travailler auprès des plus pauvres et misérables. Voici quelques extraits de son témoignage.
Je suis arrivé à Port-au-Prince le 6 octobre 1997. Je me suis rendu à pied au mouroir des Sœurs de Mère Teresa. La clientèle se compose d’environ 220 hommes et femmes: personnes atteintes de sida, vieillards, sourds, muets, lépreux, etc. En les rencontrant, c’est comme si Jésus lui-même me demandait: «Crois-tu en ma présence dans les pauvres et les malades?» J’ai demandé à un malade qui parlait français ce dont il avait le plus besoin. Il m’a répondu: «Tu pourrais nous couper la barbe, les cheveux, les ongles… et nous donner des massages. C’est cela dont nous avons le plus besoin.» C’est un travail humble, mais à travers lequel je porte la tendresse de Dieu aux plus démunis.
Même si je ne parlais pas le créole, ce ne fut pas un problème. Les malades étaient mes professeurs. J’étais très ému de voir une si grande souffrance humaine mais en même temps je voyais également leur cœur si pur, puisque Dieu y gardait sa présence.
Un jour, alors que je coupais la barbe à Gabriel, un malade, il me demande: «Serait-il possible moi aussi être missionnaire comme toi?» Je lui ai répondu: «Commence tout de suite. Quand tu verras un malade qui a soif ou qui a de la difficulté à marcher, aide-le. Si tu en vois un autre en agonie, regarde-le et médite dans ton cœur la passion et la mort de Jésus.» Gabriel a été pendant deux semaines un vrai missionnaire. Personne atteinte de sida, il est décédé comme un saint, missionnaire à son tour.
J’ai une grande foi et une grande confiance en Marie. Chaque fois que je m’inquiète ou que j’ai des difficultés, je me confie à Marie. En récitant le chapelet, cela m’apporte une grande consolation et une grande joie intérieure.
Si je continue à faire ce travail auprès des malades, c’est à cause de mon amour pour Jésus. J’aime lui dire dans le secret de mon cœur: Seigneur, je veux te suivre et te redonner ma vie chaque matin. Le 14 septembre prochain, je retournerai en Haïti. Ce sera le début de ma neuvième année comme missionnaire laïc consacré. Je suis très heureux d’y retourner afin de continuer l’œuvre de compassion et de servir les pauvres du Seigneur.
Jean-Paul Lachance
|